Chapitre 4 : Le retour du religieux (2)

Dossier Athées : portés disparus ? 

Retrouvez tous les articles du dossier : définition de l’athéisme, historique de la pensée athée, panorama des religions en France avec la sécularisation de l’église catholique et la forte montée de l’islam, analyse du retour du religieux.


Commençons par une anecdote. Après les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, des défilés ont été organisés un peu partout en France, mettant en scène une multitude de pancartes aux messages lénifiants, dégoulinants d’amour, de tolérance et de bienveillance. Sur l’une d’elle, on pouvait lire à peu près ceci : Chrétiens, Juifs, Musulmans, Athées, nous avons tous le même Dieu. Bien sûr, ça n’est qu’une anecdote. Mais elle témoigne d’un fait plus profond : il est devenu presque impossible d’être athées. Aujourd’hui, être athée et le dire est d’emblée perçu comme une atteinte aux croyants. Dire « je crois que Dieu n’existe pas » est vécu comme une attaque à la liberté de croire, un non-respect des croyances de chacun. De plus, l’athéisme n’a pas su se doter d’une forme de spiritualité, une transcendance païenne et immanente, pourtant nécessaire. L’homme athée est perçu comme un homme vide et seul, incapable de spiritualité, arrimé à la Terre, condamné à la matière, et perdu à jamais pour l’esprit.

Religion et complot : même combat !

Avant de commencer véritablement l’analyse, une mise au point. A de multiples reprises, je mets dans le même sac montée des religions et montée du complotisme. C’est parce que je crois que ces phénomènes ne sont pas que de simples coïncidences fortuites. La religion et le complotisme ont des proximités très importantes qui font qu’aujourd’hui, bien souvent, elles procèdent d’un besoin commun, d’une attitude et d’une disposition commune dans l’individu. Besoin de se rassurer, besoin d’expliquer le monde, besoin d’une forme de “transcendance”, mais aussi besoin de se regrouper, de s’identifier, communautarisme, et encore méfiance vis-à-vis de la science, perte de crédit des institutions etc. Ainsi, il me semble qu’on peut au moins partiellement relier les deux phénomènes : les ressorts de l’un sont aussi en partie les ressorts de l’autre.

Raison historique

La pensée libérale joue un rôle très important dans le recul de l’athéisme. Le libéralisme n’a jamais été une pensée athée, c’est plutôt le contraire. Dès ses origines anglo-saxonnes, il est du côté de la pensée religieuse. Ses pères fondateurs : Smith, Bentham, Stuart Mill, Godwin, Mandeville et les autres, sont de pieux personnages, de bons protestants. La même chose se constate en Allemagne avec le très piétiste Kant, puis, plus récemment avec les créateurs de l’ordolibéralisme – la version allemande du libéralisme économique. La fameuse « main invisible » censée régulée le marché automatiquement n’est qu’un des nombreux avatars de Dieu. Je renvoie également volontiers aux analyses de Max Weber qui, dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme pointe le rôle fondamental du protestantisme dans l’émergence du libéralisme. Un long développement y est consacré sur Phrénosphère dans notre article Au fait, c’est quoi « le système » ? Notons simplement que le libéralisme s’est depuis toujours développé conjointement à une certaine pensée religieuse. Il est donc logique que le libéralisme ne favorise pas l’athéisme, qui lui, on l’a vu, se trouvait plutôt du côté des marxistes et des antilibéraux.

L’individualisme

Le libéralisme, fondé sur la notion de liberté individuelle, sacralise l’individu avec son petit moi égotiste et autiste. L’homme du libéralisme est seul au monde, tout lui est dû. Avec la montée de l’individualisme forcené, portée par la croissance phénoménale du libéralisme mondialisé, chacun se vit comme une place forte sans cesse menacée de siège. Pour dire les choses autrement, chacun exige le respect, un respect maximal, maximaliste, un respect hyperbolique. Autrui est immédiatement suspect. « Ce que je suis, pense le sujet formaté par le néo-libéralisme, est unique, extraordinaire, un trésor riche de mille potentialités, ce que je suis prévaut sur tout le reste et rien ne doit me contrarier. »  L’individu ne fait pas que se contempler, contrairement à Narcisse, il veut que le monde entier le reconnaisse ; son individualité est sans cesse présentée comme inaliénable, sacrée, supérieure. Elle est un objet de revendication permanente que rien ne doit entraver : « périsse le monde s’il s’oppose à moi ». La dissolution progressive de toutes les vieilles instances qui surplombaient et encadraient les individus va tout-à-fait dans ce sens : autorité, hiérarchie, tradition, politesse… A l’école, cela est, plus qu’ailleurs, tout-à-fait frappant : le professeur (le maître comme on disait autrefois) n’est plus considéré comme celui qui dispose d’un savoir à transmettre, au contraire, les élèves sont incités à construire eux-mêmes leurs savoirs et ce sont les professeurs qui sont là pour apprendre de leurs élèves… !

Glorifiant l’individu narcissique et boursouflé, le libéralisme ne peut que glorifier ses croyances personnelles. Dès lors, un croyant ne peut que se sentir attaqué par un athée qui, lui, pense que Dieu n’est qu’une fiction. Le simple énoncé d’une opinion athée devient le signe d’une intolérance odieuse. « Comment ? Ai-je ouï que Dieu n’existe pas ? C’est une atteinte intolérable à ma liberté de croyance ! » Vade retro satanas¸ et tout le tintouin… La croyance étant vu comme constitutive de l’identité du sujet, comme ce qu’il y a de plus profond, on la défend avec d’autant plus de zèle et d’acharnement. C’est en réalité une essentialisation terrible qui se joue en réduisant les croyants à leur foi. Or, cette réduction est faite par nombre de croyants eux-mêmes, qui ne se vivent plus que comme des êtres unidimensionnels : ce que j’appelle volontiers des caricatures. Cette réduction se manifeste toutes les fois que la critique de la religion est vécue comme une critique des croyants eux-mêmes.

L’athée n’a donc plus qu’à se taire devant le croyant – et peu importe que le croyant ne respecte pas l’athée. Car enfin, il y a là une dissymétrie qu’il convient de pointer du doigt : pourquoi un athée ne pourrait-il faire valoir son propre droit au respect de ses croyances – ou non-croyances en l’occurrence ? Pourquoi est-il considéré comme irrecevable de dire à un croyant qu’il heurte notre athéisme ? Cela va même plus loin, l’individu libéral, narcissique au-delà de tout, n’exige pas seulement le droit de n’être jamais contrarié, pour lui, sa petite et misérable opinion est sacrée au point de concurrencer les vérités de science. Ce qu’il pense – si tant est qu’il soit doué de pensée, ce qui reste à démontrer – a, pour lui, la même valeur de vérité qu’une proposition élaborée suivant une méthode reposant sur la théorisation et l’expérimentation, mille fois éprouvée et confirmée.

Le marché cognitif

D’autant que la société libérale se constitue comme un gigantesque marché (c’est le concept de “société de marché” qui s’est substituée à “l’économie de marché”), il y a donc un marché des croyances. Comme tout marché, la première règle est celle de la concurrence : or, les croyances les plus “concurrentielles”, les plus “rentables” pour l’individu sont aussi les plus simples à comprendre, qui ne demandent pas vraiment d’effort intellectuel, et celles qui expliquent le plus de chose. Les croyances religieuses font bien sûr partie du lot : simples à comprendre (une seule réponse à toutes les questions : Dieu), elles prétendent expliquer l’univers entier. Le retour sur investissement est maximal. Au nombre de ces croyances, on retrouve bien évidemment toutes les théories du complot les plus grossières (Illuminati, complot “judéo-maçonnique” etc.) qui sont livrées “clé en main”. De même tous les discours de “développement personnel”, présentés comme des philosophies, mais en réalité du pré-mâché intellectuel. Gérald Bronner est celui qui a le plus finement analysé cela dans son livre La démocratie des crédules.

Triomphe de la susceptibilité

La première victime du narcissisme sans borne est donc la science, qui choque sans arrêt les dogmes religieux, les contredit, parfois les anéantit. Et dans la mesure où l’individu est l’instance au-dessus de laquelle plus rien ne prévaut, la science n’a qu’à se taire si elle contrarie les croyances et les mythes religieux. Ce phénomène est extrêmement grave et devrait être l’une de nos premières préoccupations, car cela conduit tout droit au relativisme le plus absolu. Or, les religions ont de tout temps combattu l’esprit scientifique, j’en reviens aux travaux d’Yves Gingras et à tout ce que nous disions des rapports science et religion… De plus en plus de jeunes gens contestent les propositions scientifiques au motif qu’elles sont contraires à leur croyance : il y a une montée en puissance du rejet des vérités de science. La science est en crise, sans doute la crise la plus préoccupante de son histoire. Car jusqu’à présent, la science devait se frayer un chemin dans les esprits religieux, et l’on pensait qu’une fois en place, elle serait suffisamment solide pour n’être jamais plus contestée. Cela est manifestement faux. On pensait qu’il fallait faire la lumière parmi les ténèbres religieuses, aujourd’hui, on voit les ténèbres ramper, la lumière ne les effraie plus. Elles sont des vampires qui ne craignent plus le Soleil.

Cela va plus loin que la simple question de l’athéisme. En réalité, ce qui se joue là c’est, plus globalement la question de la place qu’on laisse aux croyances personnelles dans l’espace public. Nous assistons à une inflation sans précédent de la susceptibilité. Les individus se comportent comme des enfants gâtés que rien ne doit contrarier. C’est plus généralement le rapport de nos sociétés au dissensus qui est en cause ici. Le mouvement général de nos « démocraties » – je mets le terme entre guillemets tant je crois qu’il ne correspond plus à rien dans nos sociétés – se fait vers l’arasement des opinions et des oppositions, vers l’éradication de toute forme de conflit, vers l’unanimisme et le conformisme intellectuel.[1] Or, l’athéisme est une pensée qui porte en elle-même le dissensus, puisqu’elle s’affirme par une négation préalable. A ce titre, d’ailleurs, elle nous est plus que jamais indispensable.

Laissons à ce propos parler Gérald Bronner : « La passion qui paraît nous posséder est celle de la prise en compte permanente de la sensibilité de l’autre et le crime majeur serait de le blesser par l’expression de nos propres convictions. Il y a lieu de s’inquiéter de cette épidémie de sensibilité, notamment parce qu’elle s’est emparée de certains campus nord-américains sous forme de trigger warnings. Il s’agit de dispositifs avertissant, par exemple, que certains cours peuvent contenir des éléments perturbants pour certains élèves. Ce type d’alerte est de nature à inciter certains jeunes esprits à ne pas se confronter à la contradiction que pourrait représenter l’expression du savoir. » Rien à ajouter, cela est suffisamment effrayant comme ça …

Nouvelles “vaches sacrées” : les victimes

De tout cela découle la sacralisation des “victimes” au sens le plus large possible. Une victime, de quoi que ce soit d’ailleurs (racisme, xénophobie, misogynie, discrimination…), est intouchable. Mieux, un discours n’a de légitimité que s’il émane d’une “victime”. Toute personne présentée comme en position de “domination” est immédiatement décrédibilisée. Une “victime” qui se déclare comme telle doit bénéficier de tous les égards. On le voit par exemple avec le traitement médiatique des affaires médiatiques, ou le dévoiement de la justice qui est maintenant censée “apaiser les victimes”, “les aider à surmonter l’épreuve” etc. Or, la justice ne se rend pas au nom des victimes mais de la société… On ne peut plus non plus se demander si la personne qui se prétend telle est réellement victime ni mettre en doute son discours, il faut le prendre pour argent comptant sous peine d’être accusé de soutenir les agresseurs, les dominants etc. Cela est très important pour comprendre les analyses qui suivent.

[1] Voir notre article sur Biblioshère : Le néant et le politique d’Harold Bernat. Une autre piste que l’on pourrait avancer à ce recul de la pensée athée, et à un regain de religiosité est l’émergence post soixante-huitarde – pour aller très vite – de croyances New Age, gloubiboulga informe empruntant qui à un bouddhisme bobo, qui à un animisme de supermarché, qui à un esprit transcendant vaporeux. Tout cela sent bien sûr les fumées de champignons multicolores, mais pas que. Je pense – mais sans pouvoir le prouver par des chiffres qui, à l’heure actuelle, n’existent pas – que le recul de l’athéisme ne se fait pas qu’au bénéfice des religions constituées, mais aussi en faveur de ces croyances New Age, assez simplistes mais séduisantes – séduisantes parce que simplistes. Si l’esprit de mai 68 a tout d’abord contribué au recul des religions, les effets à long terme qu’il a produit et continue de produire vont aujourd’hui en sens inverse. En effet, mai 68, en défaisant le carcan moral, religieux, normatif qui emprisonnait nos sociétés, en soulevant la chape terrible qui contraignait les corps et les esprits (et pour le mieux d’ailleurs) ; mai 68, par la révolution métaphysique qu’il a constitué – une inversion des hiérarchies, donc du sacré – a également ouvert grandes les portes au consumérisme et à l’individualisme libéraux. Cela est à confronter au contexte de perte globale de sens que nous constatons dans les sociétés occidentales, la perte de transcendance, sous les coups de boutoir du consumérisme libéral qui réduit l’homme à un gros tas d’appétits à satisfaire, une machine à consommer. L’individu cherche ailleurs la transcendance qui lui fait défaut, d’autant que la société ne l’aide pas à en trouver là où, précisément, les grands penseurs athées invitaient à la chercher : dans l’art, dans la contemplation esthétique, le sublime, dans la culture, ou la fusion dans la nature… toutes choses en déliquescence. Dit dans un vocabulaire plus philosophique : l’immanence ne suffit plus à satisfaire notre besoin de transcendance. Albert Camus avait cette phrase sublime : « le monde est beau et hors de lui, point de salut ». Voilà, ce me semble, le plus beau credo athée. Or, le monde d’aujourd’hui est laid, immensément laid, il s’enlaidit de jour en jour. Il faut donc trouver le salut hors du monde. Le libéralisme saccage tout ce qu’il touche : l’art devient un commerce, le Beau n’est qu’un point de vue de dominants, la Nature n’existe déjà plus, l’air est vicié, le ciel nocturne n’est qu’un vague halo orangeâtre de lumières artificielles entourant les métropoles et qui nous masque l’éclat de l’Univers, les productions humaines sont désormais robotiques, la diversité des peuples n’est plus qu’un slogan vide… Dans sa célèbre Histoire du matérialisme, le philosophe Friedrich-Alfred Lange formule l’impératif catégorique de tout matérialiste : « Contente-toi du monde donné ». Mais comment se contenter d’un monde qui disparaît et n’est déjà presque plus rien ? Les religions prospèrent toujours dans les époques nihilistes, la nôtre l’est au plus haut point.

L’un des instruments ici en cause est le relativisme qui se répand dans la société comme un poison. Relativisme culturel notamment, en lien avec la promotion d’un certain antiracisme. De quel droit pouvons-nous juger telle culture ou telle pratique, sous prétexte qu’elle ne correspond pas à nos traditions ? Affirmer que certaines pratiques (excision par exemple) sont non seulement incompatibles avec notre culture, mais condamnables au nom de l’idéal humaniste qui est le nôtre, cette affirmation ne serait que l’expression d’une domination colonialiste, la volonté de discriminer et d’opprimer telle race ou telle culture. Relativisme : rien ne permet de hiérarchiser les pratiques culturelles, elles ont toutes la même légitimité. Vouloir imposer ses critères relève de l’arbitraire, du racisme, etc. Dès lors, interdire une pratique que l’on juge inappropriée (voire carrément barbare) est suspect immédiatement. Inversion des valeurs : la norme religieuse devient supérieure à la norme politique, à la loi. La loi peut être discutée et soumise à l’appréciation des croyances religieuses alors que les normes religieuses tendent à refuser d’être évaluées par la loi. Et plus précisément, les normes religieuses pourvu qu’elles émanent de religions « opprimées ». Une norme issue d’une religion dite « opprimée », ou pratiquée par des personnes posées comme des victimes du « racisme d’état », pour reprendre l’expression de certains antiracistes racialistes, cette norme donc est inattaquable, car la remettre en question serait in fine un acte discriminatoire et raciste.

Le triomphe d’un “gauchisme” culturel hérité de mai 68 a été paradoxalement un atout formidable pour les religieux. Paradoxalement car la gauche, nous l’avons montré dans le premier article de ce dossier, était historiquement du côté de l’athéisme. Ce “gauchisme” favorise les religions des “opprimés”, c’est-à-dire aujourd’hui l’islam.

Démographie

Le libéralisme n’est pas la seule explication au retour du religieux que l’on observe aujourd’hui en France. Retour du religieux qui prend la forme d’une disparition de l’athéisme on l’a vu, mais aussi d’un regain très fort des thématiques religieuses dans l’espace public et médiatique. Très prosaïquement, il se trouve qu’une religion est en pleine croissance en France, l’islam, qui polarise tous les regards. L’une des principales raisons du retour du religieux est bêtement démographique. La montée de l’islam en France est un fait massif, analysé dans l’article Religions : état des lieux. Ne nous cachons pas derrière nos petits doigts – ni aucuns de nos doigts d’ailleurs, ni quoi que ce soit d’autre. La question de l’islam monopolise les débats politiques, médiatiques et intellectuels, et c’est avec l’émergence de cette religion particulière que la question des religions en général a refait surface. Il n’est d’ailleurs pas impossible que le sursaut du christianisme (baptême des adultes et fortes conversions chez les protestants, Manif pour tous…) soit pour partie lié à l’islam : une réaction en quelque sorte à cette nouvelle religion forte, prosélyte et conquérante. Un raidissement des chrétiens et apparentés face à ce qu’ils peuvent percevoir comme une menace : la religion auparavant hégémonique se trouve contestée dans son hégémonie, et ne l’entend pas de cette oreille. Il y a également le fait que le christianisme ne souhaite pas se retrouver au bord du chemin dans ce grand mouvement de retour du religieux et veut, pour ainsi dire, sa part du gâteau. La montée de l’islam impose un calendrier religieux à la vie public, les autres religions en profitent.

Confusions 

Un glissement s’est opéré, malheureusement. L’islam étant le fait de français issus d’une immigration récente – et problématique ; les deux thèmes se sont emmêlés, se sont fondus l’un dans l’autre, à tel point qu’il est devenu impossible de parler d’immigration sans parler d’islam, et réciproquement. Ajoutez à cela une pointe d’antiracisme et vous obtenez le cocktail parfait pour museler la critique. Critiquer les religions – position athée – c’est critiquer l’islam, donc les musulmans, donc être raciste, xénophobe etc etc. On commence à être habitué à cette bonne vieille technique d’intimidation intellectuelle, par ailleurs largement analysée sur la Phrénosphère.

L’islam en France se sent pousser des ailes, aidé par tout un discours gauchiste. Malgré la rhétorique de l’islamophobie et de la victimisation permanente (se présenter comme opprimé afin de séduire le discours gauchiste mais aussi pour se donner des ennemis : une religion se construit toujours en opposition, elle a besoin de martyrs prêts à se sacrifier) cette religion connaît bel et bien une montée importante en France. Pour ce qui est de la victimisation, suite à la création du mot “islamophobie”, les autres religions se sont emparé de cet élan victimaire qui empêche tout discours critique. On a vu fleurir des phobies nouvelles : cathophobie, christianophobie…

Mais enfin ! Nous sommes dans une confusion terrible ! Nous ne devons aucun respect à aucune religion qui soit ! Je n’ai pas à respecter l’islam, ni le christianisme, ni le judaïsme, ni aucun de leurs préceptes, ni aucun de leurs dogmes, ni aucun de leurs prophètes ! Aucun respect ne leur est dû ! Nous ne devons non plus aucun respect aux croyances : blasphème, dérision, critique, pamphlets, moquerie… tout est permis ! Par contre, tout notre respect est dû aux croyants et aux pratiquants, en tant qu’êtres humains. La République protège les croyants et garanti leur liberté de croire. Cette distinction est absolument fondamentale. Ne pas la marquer revient à interdire toute critique des religions et rend impossible une position athée. Et c’est bien dans ce piège que sont tombés tous les intellectuels de gauche – ou presque – qui pourtant auraient dû s’inscrire dans la tradition athée. Dans ce piège, les intellectuels côtoient les hommes politiques qui eux, souhaitent avant tout la paix sociale quitte à tomber dans le clientélisme.

Géopolitique

Je n’entrerai pas dans les détails mais la montée de l’islam est aidée par le contexte géopolitique global. La rhétorique de l’islam radical se construit en opposition avec l’Occident (on retrouve ce besoin d’ennemi : les ennemis de l’intérieur avec “l’islamophobie” supposée et les ennemis de l’extérieur avec “l’Occident”). Les politiques guerrières et sanglantes des pays occidentaux envers nombre de peuples musulmans, en plus d’être absurdes et injustifiables, permettent une forme d’identification au-delà des frontières. Une espèce de solidarité, de “destin commun”, de fraternité internationale, qui peut séduire de nombreux jeunes gens dans nos pays. Ils se sentent de la sorte appartenir à une communauté qui donne un sens à leur vie et une cause à leurs luttes.

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