Le coronavirus et son monde


Le coronavirus et son monde

A toutes celles et ceux touchées par l’épidémie ou ont des proches qui le sont

Nous vivons un temps que nous croyions réservé aux fictions. Un roman d’anticipation assez banal somme toute, ou un mauvais téléfilm de deuxième partie de soirée. Une mystérieuse épidémie décime les hommes – enfin, au cinéma, bizarrement, l’humanité se limite le plus souvent à New York –, les autorités font l’autruche, mais un héros baraqué va déciller le monde et organiser la résistance face au virus. Finalement, le monde va renaître sur fond de musique sirupeuse. Déjà, nous voyons des noms défiler sur l’écran, c’est le générique : fin du film, on va se coucher. Sauf que demain, au réveil, en voyant les rideaux de fer barrer les devantures des commerces, en écoutant s’égrener la monotone liste des contaminations, des patients admis en réanimation et celle des morts, en se rappelant les mots du Président “nous sommes en guerre”, on se rendra bien compte que nous ne sommes ni dans un roman, ni dans un film. 

Le temps du coronavirus. Il y avait la vie d’avant, puis les premiers cas sont apparus loin, très loin de nous, en Chine. Comme beaucoup, au début, n’ayant qu’une vague connaissance de la situation, j’ai minimisé – attitude sotte et puérile. Puis, ce fut au tour de l’Italie. Nos voisins étaient durement touchés, leur système de santé, peu ou prou dans le même état que le nôtre, a explosé. Il fallait “faire le tri”, un James Bond grandeur nature : vivre et laisser mourir. Laisser mourir des patients pour que d’autres vivent. Là, j’ai compris. J’ai compris que notre tour allait venir vite, trop vite, et que nous ne serions pas prêts – nous ne le sommes toujours pas.  Les mêmes causes produisant les mêmes effets, notre système de santé va lui aussi éclater : pas assez de place en réa, pas assez de matériel ou d’équipements, un début d’anticipation sur le terrain mais rien ou presque venant d’en haut. Les personnels s’accrochent au bastingage : ça va secouer.  Pour autant, ce virus n’est pas l’apocalypse, il s’en faudrait de beaucoup. Certes : létalité inquiétante, taux de transmission très important, beaucoup d’inconnues à son sujet… Le plus grave n’est pas le COVID-19, bien plutôt le fait qu’il débarque sans crier gare dans un monde déjà croulant, usé et épuisé. Un monde que d’aucuns ont pris un malin plaisir à pulvériser – les mêmes qui “gèrent” une crise dont ils sont pour partie responsable. Un monde dans lequel nos dirigeants n’ont pris que trop tard la mesure de l’ampleur de la catastrophe. 

Crise sanitaire. Une crise polymorphe pour sûr. Sanitaire, d’abord et avant tout. Des gens infectés, des gens malades, des gens mourants, des gens morts. Il y a des facteurs endogènes qui expliquent la virulence du virus, en elle-même importante, et son caractère ramassé dans le temps ce qui sature en peu de temps les capacités de soin ; il y a aussi des facteurs exogènes : notre impréparation, l’imbécillité de nos concitoyens faisant les marioles dans la rue, et par-dessus-tout, la destruction des capacités d’accueil de l’hôpital public à quoi il faut ajouter l’amateurisme criminel de nos dirigeants qui ont tardé. Cette crise sanitaire est le révélateur, Frédéric Lordon employait il y a peu le mot d’“accusateur”, de la situation catastrophique, sciemment organisée, de notre système de santé, et de l’irresponsabilité de toutes les productions de l’idéologie (néo)libérale. Que ce soit, donc, l’organisation de la santé, mais aussi la mondialisation déchaînée qui favorise la propagation de telles épidémies, l’idéologie du “sans-frontiérisme” qui empêche de nous protéger lorsque les circonstances l’exigent et la globalisation qui rend une région du monde dépendante de toutes les autres, ce qui paralyse potentiellement tout lorsque l’une d’elles tombe.  

Crise économique. La seconde crise sera économique. Comment penser que l’économie mondiale sorte sans dommage de l’arrêt complet des principales puissances mondiales ? Arrêt de l’appareil productif, récession mondiale, affolement des places boursières, recours massif à l’argent public pour soutenir l’effort sanitaire et indemniser les entreprises, endettement public… le tout aggravant une situation déjà très incertaine, car les maux mis en relief par la crise de 2008 n’ont fait qu’empirer. Nos dirigeants n’ont rien fait pour assainir la situation. Déjà, l’économie mondiale ne vit plus que sous perfusion d’argent public, celui des banques centrales qui pratiquent le quantitative easing (rachat massif de titres).  Autrement dit, encore une fois et comme en 2008, c’est le contribuable, exsangue, qui volera au secours des banques et des marchés financiers. La Banque Centrale américaine a commencé l’arrosage de liquidité, mais cela ne suffit pas : les places boursières dévissent partout dans le monde. Le krach est imminent. Quelle sera l’ampleur de la crise à venir ? Evitons les pronostics et espérons qu’elle se limite le plus possible à la sphère financière sans impacter l’économie réelle.  Toujours est-il qu’elle ne fera que s’ajouter à une situation sanitaire terrible. A tous les étages, la logique (néo)libérale ne fait qu’empirer les choses.  

Crise politique. Enfin, il y a aura, un peu à distance sans doute, une crise politique majeure. Oh, nous sommes déjà dans une crise politique majeure, mais on peut d’ores et déjà prévoir son intensification dans des proportions sans doute intenables. Car, si en temps de crise, chercher à débusquer les coupables n’est pas l’urgence, une fois la situation maîtrisés, la donne change. Surtout que les coupables, en l’occurrence, sont parfaitement connus, ce sont ceux qui ont promu sans relâche la mondialisation, qui ont mis nos économies à la merci de la sphère financière et de la spéculation et qui ont, pour couronner le tout, organisé la patiente démolition de nos systèmes de santé. Bien sûr, point de complotisme, ils ne sont pas responsables du coronavirus, mais d’une grande partie de ses conséquences désastreuses. Car le désastre était prévisible et prévu. En amont, le gouvernement a minimisé, en toutes connaissances de cause – si l’on en croit les récentes déclarations d’Agnes Buzyn. Le coronavirus ne devait pas toucher la France, rappelez-vous ; Macron, Trogneux & Cie nous enjoignaient même à sortir au théâtre quelques jours avant le confinement ! Il organisèrent, en dépit de la désapprobation générale les élections municipales, alors qu’il était indubitable que le second tour n’aurait pas lieu ; lors de la soirée électorale, les représentants du gouvernement rejetaient l’hypothèse d’un confinement, la veille de sa mise en place par le Président, qui lui-même a joué de prodiges de contorsion verbales pour ne pas prononcer ce mot ! Comment s’y retrouver dans tant de cafouillages, de revirements ? Et même au plus fort de la crise, ils ne peuvent se retenir de mentir éhontément, en niant la pénurie criminelle de masques ! La crise politique à venir sera un débordement de ressentiment et de colère face aux institutions meurtrières, et face aux meurtriers qui les dirigent. Une soif de sang risque de brûler nos gorges. Le peuple n’aura peut-être qu’une envie : s’armer de piques et y faire valser la tête de ceux qui le toisaient avec morgue et dégoût.

Notre Président n’a-t-il pourtant pas eu l’air de faire son mea culpa lors de son discours à la Nation jeudi dernier ? “Il nous faudra, déclarait-il, demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour […]. Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux […]. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie.” Des phrases que j’aurais, comme bon nombre d’antilibéraux, signé sans hésiter. Le Président n’est-il pas en train de nous donner raison sur toute la ligne ? Ces paroles de Macron reprennent presque au mot près les discours de ses adversaires. Ces paroles sont, prononcées par ce Tartuffe, applaudies à tout rompre par la dégoûtante clique macroniste et macronarde. Que ne le furent-elles pas plus tôt ! Vraies aujourd’hui, elles l’étaient déjà, et ô combien, hier. Si tous applaudissent de la sorte, c’est qu’ils savent qu’elles ne seront pas suivies du moindre effet. Sitôt le coronavirus un rien maîtrisé, toute la violence politique de Macron se déchaînera à nouveau avec sans doute un regain d’intensité, galvanisée par l’attente. Les fossoyeurs du monde rongent leur frein en faisant de beaux discours.  

Le virus de la colère. On m’accusera bien évidemment de me réjouir de cette situation qui met le monde (néo)libéral face à ses contradictions, de m’enthousiasmer des crises que j’annonce, de prophétiser avec gourmandise la désolation. J’ai, comme d’autres, l’habitude. Pourtant, nous ne cessions d’avertir sur ce qu’il risquait d’advenir. Nous avons essayé de l’empêcher par tous les moyens : alerter, manifester, faire grève, écrire des tribunes, des articles, des livres, passer des heures et des jours entiers à essayer de mobiliser l’opinion publique… On nous accuse aujourd’hui d’avoir eu raison – ce qui est vrai. Nous ne nous en réjouissons pas, mais nous sommes en colère. Et cette même colère, qui s’est exprimée depuis plusieurs mois avec entre autres les gilets jaunes, risque de déborder. Car c’est la double peine : être frappé par le coronavirus, être moqué et ridiculisé alors que l’on avait raison et que l’on aurait pu, non pas l’empêcher, mais au moins en limiter les effets. Et il faudrait se taire ? Laisser à la manœuvre ceux qui ont fait se précipiter le navire sur les récifs qui nous menacent ? Bizarrement, il faudrait vanter la “prise de conscience” de Macron tout en demandant à ceux que cette même conscience habite depuis toujours de se faire petit. Macron parlant des “biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché” alors qu’il fait rigoureusement l’inverse : une salutaire prise de conscience. Un antilibéral faisant de même : un dangereux ennemi de la démocratie, un radical, un extrémiste. Macron, triste ironie, dans sa dernière allocution, met 300 milliards sur la table pour aider l’économie. Il se découvre une conscience socialiste sur le tard le bougre. Mais que chacun garde la tête froide : cela ne durera pas. Ceux qui prônaient exactement le même type de mesure seront sous peu à nouveau traités de tous les noms et tournés en ridicule. Nous avions raison, cependant les circonstances nous interdisent de nous en vanter.  

Mais ne nous laissons pas emporter pas le ressentiment, une tâche immense nous attend : faire en sorte que la catastrophe virale, économique et politique soit l’occasion d’une reconstruction du monde. “Occasion”… quel mot horrifiant lorsqu’il nomme une crise sanitaire majeure impliquant de dizaines, de centaines, des milliers de morts. Non, un tel événement n’est pas une occasion, ni une opportunité, encore moins une “aubaine” comme ont pu le dire certains dégénérés moraux. Mais l’épidémie passera. Après la vie d’avant, la vie pendant, viendra la vie d’après. Rassurez-vous, tout sera fait pour que la dernière ressemble le plus possible à la première, en occultant celle du milieu comme une “parenthèse” ou des “circonstances exceptionnelles” – du moins, si le système économique mondial ne s’est pas effondré. La privatisation d’Aéroport de Paris est suspendue, peut-être annulée, la réforme de l’assurance chômage, différée, et celle des retraites, écartée. Des “effets collatéraux” bienvenus – que l’on paie bien cher. Au début de la vie d’après, tous les pontes médiatico-politiques jureront leurs grands dieux qu’il faut tout faire pour que cela ne se reproduise plus jamais, ils prendront “des mesures à la hauteur de la situation”, ils auront des mots enfiévrés d’amour pour le personnel médical. Mais une fois la crise éteinte et l’été passé, alors qu’un nouveau sujet “chaud” aura fait le “buzz”, les mêmes s’enfonceront à corps perdu dans les délires d’avant faits de réformes, de fluidité, de libération des énergies… Ils prendront le coronavirus à témoin : nous n’étions pas allés assez loin dans les réformes. Pire, ils s’en saisiront pour justifier des mesures “exceptionnelles” dans le genre effort de guerre qui rogneront sur les libertés et les maigres protections sociales. La casse continuera. Voilà la situation qu’il nous faudra empêcher.  

Face aux crises actuelles et celles qui s’annoncent, de nouvelles solidarités devront voir le jour. Car on voit ce que l’idéologie libérale individualiste a causé comme ravages dans les esprits de ces (pseudos)individus frelatés qui déambulaient dans les rues, massés en troupeaux compacts comme des bovins avinés, pour fêter leur mise en quarantaine. Ou de ceux-ci qui profitaient, comme de molles larves, d’un soleil printanier en bord de Seine, agglutinés et grouillants, humant goulument l’air empoissé de l’haleine virale de leurs congénères. Ou encore de ceux-là sur des pelouses publiques, en petits tas comme des chassies humaines, des souillures boursoufflées qui tâtaient de la joue l’herbe humide pour y déposer leurs excrétions malades… Ce que le (néo)libérale nous a fait est visible là, devant nos yeux. Le libéralisme est avant tout un type humain dépravé.  

Inventer de nouvelles solidarités. Cela commence dès maintenant. Individuellement : se faire violence, renoncer à certains plaisirs quotidiens. Et puis, collectivement, nous devront faire face ensemble, nous organiser par la base – rien de bon ne sortira par en-haut de ces épreuves. Cela devra sans doute commencer par un élan massif de désobéissance, de micro-résistances et de réappropriations de nos existences. Les risques sont grands d’une atteinte économique de grande ampleur : cela signifierait des pénuries, un effondrement de la monnaie, des conditions de vie altérées jusque dans leurs plus microscopiques détails, la disparition de nos économies bancaires, la remise en question de toutes nos existences. Bien sûr, si de telles choses devaient de produire – ce n’est heureusement pas assuré – les villes seraient les plus à risque, car elles sont l’épicentre de l’esprit libéral et de la destruction des solidarités anciennes. Ce sont les ghettos de l’inhumanité (néo)libérale. Nous devrons faire preuve d’une résistance morale inimaginable, mais est-ce seulement possible après tant et tant de dégâts ? L’Homme n’est-il pas déjà détruit ? Pas le choix : nous devons parier que non – l’espoir ne compte pour rien dans cette affaire. Réinventer de nouvelles solidarités, c’est-à-dire renouer avec les solidarités passées, restaurer celles que le (néo)libéralisme n’a fait que saper peu à peu, et qui subsistent encore. Des solutions alternatives existent déjà, toutes prêtes, on y travaille depuis des années, des décennies, des siècles. Il n’est désormais plus possible de ne pas constater les ravages du libéralisme, incapable de nous protéger, au contraire. Le moment venu, on pourra puiser dans le vivier séculaire des valeurs para-libérales, celles du don au sens de Mauss notamment, nous devrons réinjecter dans la vie ces valeurs d’entraide, de droiture morale, de politesse, de partage…  

Nous aurons à nous réapproprier l’Etat, non comme un corps étranger – ce qu’il est aujourd’hui – mais au contraire, faire corps avec lui : l’Etat, c’est nous. Repenser le politique et le rôle de l’Etat et comprendre que l’Etat en tant qu’institution (“l’Etat général” au sens de Lordon) n’est jamais que l’émanation du collectif, qu’il n’est que la forme que prend la volonté générale. Et que donc tout Etat qui va à l’encontre du peuple est illégitime. En remettant le collectif et les nouvelles solidarités au cœur de notre vie commune, nous rebâtiront un nouvel Etat par la base, donc une nouvelle économie. Là encore, des modèles d’organisation existent, nous n’aurons qu’à nous en inspirer. Notre effort : que rien ne soit plus jamais comme avant – nous le devrons à ceux qui ont succombé et à ceux qui succomberont demain. L’absurdité d’un monde nous explosera au visage : ce consumérisme débilitant, cette prééminence de l’argent, les génuflexions devant le “pragmatisme” économique, l’absence totale de démocratie, les valeurs boursières avant les valeurs humaines… 

Le coronavirus n’entraînera pas la fin du monde, peut-être provoquera-t-il la fin de ce monde. On ne pourrait que le souhaiter, mais ce souhait serait grevé de sanglots. Tout doit être fait, prioritairement, pour limiter les dégâts au maximum : confinement le plus total possible, limitation drastique de tout contact non nécessaire, respect scrupuleux des consignes gouvernementales, mesures “barrière” (lavage des mains, distance de sécurité), appel proportionné des secours en cas de symptômes graves… Mais après, ce sera l’heure des règlements de compte. Un procès gigantesque se tiendra : celui du (néo)libéralisme, et celui de ces soutiens – ce que j’ai appelé tantôt le “système”. Il nous faudra être d’une force morale sans faille pour passer outre toute envie de vengeance : seule la justice peut enfanter d’un monde plus juste. 

Au fond, débarrassé des scories lyriques, mon propos ici est simple. Premièrement, contrairement aux discours faciles et prometteurs, l’après coronavirus ne sera pas de facto un monde enchanté post-capitaliste. Non, si l’on ne fait rien, les choses ne changeront pas d’elles-mêmes, aucun “remise en cause du système ultra-libéral” n’adviendra spontanément. On peut se payer de mots : “plus jamais ça”, “on n’oubliera pas”, “vous aurez des comptes à rendre”… sitôt la crise passée, il y a fort à parier que tout cela sera vite oublié. Les comptes ne viendront pas. Il faudra réactiver avec une insistance obsessionnelle la mémoire collective, l’aiguillonner comme un taureau fou et virevoltant de rage. Et, deuxièmement, en parlant de comptes à rendre, la question se posera de déterminer les châtiments à mettre en place. On ne parle pas de malversations, d’élus qui piquent dans la caisse – pléonasme -, d’emplois fictifs, ou de je ne sais quelle autre pratique aussi banale qu’un peu de prison avec sursit et une raclée électorale peuvent absoudre aisément. Non, nous parlons d’un crime de masse délibérément non pas organisé mais amplifié. Par des élus qui plus est. Quel chef d’accusation ? Haute trahison ? Crime contre l’humanité ? Et quelle sentence ? La prison ? Est-ce assez en de telles circonstances… ? Voilà les véritables interrogations qui surgiraient si l’on faisait réellement les comptes…

Enfin, excusez le ton si décalé de cet article. La raison en a bien peu guidé l’écriture. La colère, froide et sourde, mais aussi la peur chevillée au cœur et, également, un certain sens du devoir. Je n’ai pas pris la plume pour jouer les prophètes de malheur, pour annoncer l’apocalypse, promettre l’enfer sur Terre. Ce n’est pas non plus une façon de “je vous l’avait bien dit”. Mais nous ne nous en sortirons pas vraiment si rien ne change et, pour cela, il faut d’ores et déjà anticiper. Ne pas de complaire dans l’angoisse, le millénarisme, le goût morbide pour l’effondrement. Mais imaginer, entre l’inquiétude et la douleur, un chemin possible qui nous conduise vers de plus beaux lendemains – qui ne chantent ni ne déchantent.  

Le Président Macron avait raison, “nous sommes en guerre”. Bon courage à tous, que chacun prenne soin de lui et des autres. 

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