Changer la vie

Pour une reconquête démocratique

Natacha Polony

Editions de l’Observatoire, octobre 2017


Parce que la politique n’a d’autre but que celui-là, Natacha Polony publie Changer la vie, livre sous forme de dictionnaire qui ambitionne de redonner une profondeur au vocabulaire politique, une consistance intellectuelle à ces mots usés jusqu’à la corde, répétés encore et encore mais réduits à une simple suite de syllabes. La matière de ces mots – lettres ou sons – ne cache plus aucune signification, ce sont des mots presque morts, agonisants. Des mots comme des râles, des cadavres dans la bouche de tous les croquemorts de la politique… La tâche est alors immense, quasi-divine : leur redonner vie.

Contrairement à ce qu’on ne cesse de dire depuis quelques décennies, la politique est avant tout une promesse : celle d’une vie meilleure. Mais quand on dit cela, bizarrement, tout le monde a peur. Et cette peur est entretenue par ceux qui ont intérêt à dissimuler leur démission sous de grands airs de pragmatisme, de refus des idéologies et de leçons tirées de l’histoire. Face au système libéral, nos hommes politiques se contentent d’être des gestionnaires. Pas simplement par lâcheté – mais un peu quand-même – mais aussi par adhésion idéologique, et préservation de leurs intérêts… Exit la volonté d’améliorer le sort des citoyens, exit les projets ambitieux pour une société bonne, exit les visions politiques thaumaturgiques – trop souvent déçues, certes… C’est bien connu, « il n’y a pas d’alternative ». Cette phrase, celle de Margaret Thatcher, Natacha Polony n’a de cesse de la combattre tout au long de son livre. Dit autrement : il n’y a pas de pire danger en politique  que la fatalité. Fatalité du modèle libéral, consumériste, fatalité de la globalisation, de l’extension indéfinie des droits individuels, fatalité de l’explosion des cultures particulières et des identités nationales.

Or, Changer la vie se propose de montrer qu’il n’y a pas de fatalité. L’état actuel du monde est le fruit de volontés politiques et d’une idéologie, non d’un développement naturel du monde. Et l’impuissance politique résulte de la démission de nos représentants. Tout cela a mené où nous en sommes : la mort de la démocratie. La première étape consiste à forger une autre pensée, une pensée alternative. Et pour cela, se réapproprier les mots, les concepts. Ne plus les laisser aux Macron et autres vampires.

Quoi de mieux qu’un dictionnaire pour cela ? L’enjeu principal qui ressort du livre, selon Natacha Polony, est de penser l’articulation entre la société et l’individu, l’être singulier et la communauté. Maintenir une tension entre ces deux pôles : refuser l’individualisme narcissique et consumériste mais aussi les tentations totalitaires qui tendent à effacer l’individu. Cette opposition individu/collectivité est au cœur du livre, et le structure en deux parties. La première, la plus longue, examine les concepts politiques, tente de les redéfinir en leur donnant un contenu riche et subtil, la seconde les comportements individuels.

Un dictionnaire aux allures programmatiques. Natacha Polony y déploie sa vision du monde et de la France : souverainiste, enracinée, amoureuse des terroirs, décroissante, locale, soucieuse de préserver les paysages, humaniste, laïque, conservatrice au sens d’Albert Camus, écologiste, profondément républicaine… Bien sûr, ce dictionnaire est subjectif, et nécessairement incomplet. Cependant, il propose de quoi bâtir un édifice intellectuel et politique nouveau.

« Pour une société vivable »

La première partie du livre s’attache à définir les concepts politiques, que l’on rabâche sans cesse. Globalisation, Nation, Frontières, Démocratie… Natacha Polony fait ainsi l’éloge de la décroissance, de retour au local, au terroir, elle fustige l’Union Européenne, le consumérisme, mais au-delà des analyses, elle dessine une vision du monde. Critiquable, certainement. Mais cohérente, conséquente et exigeante.

Présentation de quelques-une des définitions proposées :

Par un heureux hasard alphabétique, le premier mot est aussi l’un des plus importants. Le système libéral consumériste est profondément aliénant. C’est-à-dire que les mécanismes d’exploitation des individus (consumérisme, course à la rentabilité, recherche de la seule efficacité, mécanisation etc.) sont profondément intégrés en nous, à tel point que nous ne les voyons même plus. Ils nous semblent presque normaux.

Ainsi, la première chose à faire est de nommer ce qui nous aliène, le pointer du doigt, pour ensuite pouvoir essayer de s’en libérer. Le diagnostic est la première étape de la guérison.  Mais il faut comprendre que l’aliénation a pris un jour nouveau sous le beau Soleil néo-libéral. Du temps de Marx, les choses pouvaient paraître simples, l’aliénation était clairement identifiable et situable : il s’agissait de critiquer les modes de production et de répartition des richesses essentiellement. Notre monde est plus retors, fourbe. L’aliénation se niche au cœur même de ce qui nous est présenté comme l’émancipation de la société moderne. La bienveillance des open-space, les promesses d’amélioration du quotidien, d’augmentation des performances… L’aliénation du XXIème siècle est tout sourire, mais c’est un sourire aux dents creuses rongées par les vers…

Le ciment de la vie en collectivité. Tout au long du livre, Natacha Polony revient sur ce qui structure la société, cet ensemble de règles non écrites mais transmises au fil des générations. Ces règles qui s’imposent à nous tacitement et permettent de vivre tous ensemble, de faire corps les uns les autres. Orwell parlait à ce propos de décence commune, la politesse des gens simples. Bien sûr, comme tout ce qui est hérité, ces règles ont mauvaise presse. Elles relèvent de l’arbitraire et du jugement, donc de l’intolérance…

Pourtant, « la civilité, en ce qu’elle repose avant tout sur le fait de ne pas s’imposer aux autres, contrevient exactement à l’individualisme contemporain visant à réduire le sujet à la nécessaire affirmation de son moi unique et forcément admirable. »(p.59) Ainsi, la civilité est un effacement volontaire de soi, une prise en compte d’autrui dans nos manières d’être, d’agir. La vieille idée selon laquelle : « on n’est pas seul au monde ». Or, elle est aujourd’hui remplacée par le respect : « le respect, dans la plus pure logique du narcissisme contemporain, est désormais non ce qui s’offre à l’autre [la civilité], mais ce qu’on exige pour soi. »(p.60) L’incivilité, galopante dans nos sociétés, mais jamais mesurée, nourrit le sentiment d’insécurité car elle « fait ressentir à chacun combien les individus qui l’entourent ne se sentent rien de commun avec lui et ne partagent cet espace public que contraints. »(p.60)

Mot utilisé pour diaboliser l’adversaire, ainsi affublé de tous les maux. Est désigné décliniste celui qui ne se satisfait pas de la marche du monde, qui refuse la soumission au néo-libéralisme qu’on essaie à toute force de nous imposer et de faire passer pour un état de fait. Zemmour, Onfray, Finkielkraut, Debray et bien sûr… Natacha Polony. Ces gens qui établissent le diagnostic, juste par ailleurs, et assez indéniable, d’un déclin de la France sont accusés d’en être responsables, et de l’aimer. Logique assez bizarre…

Alors que les vrais déclinistes sont en réalité ceux qui ne cessent de faire la chasse aux déclinistes (au hasard : le président Macron), qui affirment que la France est dépassée, qu’elle ne peut s’en sortir qu’en se fondant dans l’Union Européenne etc. Ce sont ceux qui sont responsables du déclassement de la France, par des stratégies économiques hasardeuses, des politiques publiques minables, une vision de l’Education Nationale idiote et dangereuse, une soumission aux instances supra-nationales anti-démocratiques…

Enfin, en parlant de déclinisme, il s’agit de se créer des ennemis imaginaires pour mobiliser son camp et gagner les élections. A ce titre, Macron ne cesse de parler des « Cassandre » pour désigner ses adversaires. On occulte ainsi les vrais problèmes du pays. C’est oublier que selon la légende, Cassandre annonçait toujours la vérité…

Ce couple de concept, largement hérité du marxisme, a pris un sens nouveau. La lutte des classes est évacuée au profit de la domination homme/femme, racisés/racistes, majorités/minorités… Il est l’instrument du communautarisme qui mène à l’explosion de la société  mais aussi de l’individu, sommé de s’assimiler à une communauté dite dominée pour avoir une légitimité à la parole. On a le droit de s’exprimer sur tel sujet qu’en tant que membre d’une communauté opprimée. Ce faisant, on enferme les gens dans leur statut de victime et on crée du ressentiment vis-à-vis de la communauté nationale. Plus grave, cela masque les dominations économiques réelles et globales.

Une notion à repenser. En République, le problème n’est pas qu’il y ait des élites. La promesse républicaine est justement que tout un chacun puisse accéder à une forme d’élite, c’est la promesse de l’ascension sociale. Le problème est l’existence des élites actuelles, mondialisées, leur sécession d’avec leurs compatriotes, et les états qui les ont vus naître : les gagnants de la mondialisation, les « premiers de cordée » qui tels Macron affichent leur cynisme et leur mépris du peuple.

Selon N. Polony,  « un véritable projet républicain, au service de la démocratie, ne repose pas sur l’éradication de tout ce qui pourrait ressembler à une élite, mais sur la conviction qu’il existe des élites dans chaque domaine de l’action humaine. »(p.117) Cela implique de considérer qu’il existe des élites dans tous les métiers : des cuisiniers, des ouvriers du bâtiment, des professeurs, des architectes, des paysagistes… « Il n’est d’élites qu’en fonction des valeurs que porte une société. Le capitalisme dérégulé produit des élites d’argent, incultes et insoucieuses de toute dimension civilisationnelle, de tout projet collectif. »(p.118)

« Abolir les frontières, c’est permettre l’accumulation des richesses là où elles sont déjà présentes, c’est effacer la solidarité nationale entre riches et pauvres, entre territoires favorisés et territoires délaissés, au nom d’une supposée solidarité universelle qui ne relève en fait que de la règle de base du marché. »(p.136)

D’abord un thème de gauche, la laïcité fut abandonnée à la droite et à l’extrême droite. Au profit d’une curieuse inversion, les défenseurs de la laïcité sont aujourd’hui taxés d’intolérance, voire de racisme.

N. Polony précise opportunément le contenu de ce mot : « La laïcité n’est pas une valeur, au même titre que liberté, égalité et fraternité. C’est un principe fondamental. C’est ce qui permet d’asseoir la République sur des bases stables pour que puissent s’épanouir les valeurs dont elle se réclame. »(p.150) Pour elle, renvoyer la laïcité strictement à la loi de 1905 est une interprétation restrictive, car ce principe dépasse de loin la loi de séparation des églises et de l’Etat.« La laïcité portait en elle cette loi de séparation, mais elle était au fondement du régime républicain bien avant 1905 et son ampleur dépasse largement la simple question de l’organisation des cultes. »(p.150)

Il existe donc une différence avec la laïcité à l’anglo-saxonne qui est une simple tolérance, un état neutre : l’état français est aconfessionnel. « Par-delà les règles de droit, qui découlent de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, la laïcité repose avant tout sur un état d’esprit, un certain rapport au monde, dans lequel chacun cherche avant tout, dans l’espace public, à mettre en avant le commun, à rechercher ce qui le relie à la communauté politique, et non pas ce qui l’en distingue. »(p.152) On voit tout le chemin qui nous en sépare aujourd’hui. N. Polony réhabilite la notion de discrétion chère à Chevènement qui est la « mise entre parenthèse, dans l’espace public, des différences individuelles »(p.152) et qui renvoie à l’idée de civilité développée plus haut. Je rajouterai que la laïcité nomme aussi la prééminence de l’Etat et du droit sur les pratiques religieuses. L’Etat est au-dessus des cultes, pas seulement à côté.

Plaidoyer pour une véritable méritocratie, qui seule permet de restaurer l’adhésion des citoyens au contrat social : la promesse d’une reconnaissance de chacun. Cela va à l’encontre d’une forme d’égalitarisme, notamment à l’école. « Il nous appartient donc de décider collectivement à quelles actions humaines nous accordons une valeur morale, car la neutralité et la régulation par le droit et le marché a prouvé qu’elle ne récompensait que l’égoïsme et la vacuité. » (p.177)

Un mot si cher à N. Polony, mais si maltraité… Il y a urgence à lui redonner un sens. Il faut, suivant le philosophe Régis Debray, distinguer République (« à la française ») et démocratie libérale anglo-saxonnes.

La République est par principe laïque comme nous l’avons vu, car elle implique, selon son étymologie même – res publica -, la création d’un espace publique et d’un bien commun. En cela, elle s’inscrit dans la filiation directe de la pensée des Lumières, que l’on pense à Montesquieu, Diderot raillant le clergé, ou au Rousseau du Contrat social. Elle repose sur l’Education nationale car elle suppose des citoyens libres et éclairés, loin des logiques de marché.

La République est aujourd’hui menacée par le fondamentalisme religieux – l’islamisme – qui hait tout ce qu’elle représente, et plus généralement le retour en force des religions dans l’espace public, mais aussi par le libéralisme qui la transforme en démocratie libérale américaine, la vidant de ses fondements, et instaurant l’économie comme pilier essentiel.

Pourtant : « La République est le meilleur rempart contre l’oppression imposée par un système de globalisation qui entend absorber tous les domaines de l’expérience humaine et les transformer en marchandise, parce que la République se constitue, non pas comme articulation entre les intérêts privés, mais comme espace public préservé de ces intérêts pour permettre l’émergence du bien commun. »(p.218)

Natacha Polony invite à redonner un sens au travail, un sens social, une utilité collective. Le travail fait partie des moyens d’aliénation contemporains, car il est souvent abrutissant et dépourvu de finalité utile. Pris dans la logique consumériste il consiste à perpétuer encore et encore la consommation, et donc entretien la grosse machine des profits. C’est un terrible pourvoyeur de misère sociale et psychique. Il faut donc sortir des bullshit jobs inutiles, et repenser le travail hors de la course à la production. Dans Changer la vie, N. Polony entend substituer au travail la belle idée d’une « œuvre » à accomplir.

Encore un concept fondamental pour comprendre le monde : « l’utilitarisme est en fait l’anthropologie qui sous-tend l’ensemble de notre organisation économique et sociale, et qui en explique l’orientation et la logique ».(p.249)

L’essayiste prend néanmoins soin de distinguer l’utilitarisme contemporain de la notion philosophique des penseurs anglais du XIXème siècle, Bentham, Stuart Mill entre autre. Si ces philosophes constituent des grandes figures de la pensée libérale, il ne faudrait pas trop hâtivement les assimiler au néo-libéralisme (que définit également N. Polony dans son ouvrage). Certes, il existe chez eux une critique de l’état, certes, on retrouve également le critère de l’utilité comme juge des actions humaines, mais encore faut-il définir ce qu’on entendait alors par utile. L’utilité à cette époque n’est pas simplement à rapporter à l’individu, mais il existe une utilité sociale et profitable au plus grand nombre. Rappelons en outre la phrase célèbre de Stuart Mill : « il vaut mieux être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait« .

L’utilitarisme actuel implique le recourt incessant au chiffre, le fantasme du calcul omniprésent comme seul prisme de compréhension du monde. Dit autrement : seul existe ce qui peut être dénombré, mis en chiffre, calculé, réduit à de la statistique. Le reste n’existe pas. Voilà qui rabougrit singulièrement le monde au simple quantitatif. Alors qu’à la lecture de ce livre, on comprend que « le reste » c’est le plus important. La beauté, l’émotion, la sensation, le geste gratuit, l’inutile… bref : l’humain.

« Reconquérir nos vies »

La deuxième partie, beaucoup plus courte, se consacre entièrement à des verbes. Façon de montrer qu’il existe des actions possibles, des manières d’agir, de faire, d’être. Une incarnation pratique des idéaux. Ou, comment le quotidien peut être un acte de résistance. On peut regretter l’absence de mots essentiels, comme par exemple le verbe « mourir », tant on aurait besoin d’une définition nouvelle de ce mot, mais saluons plutôt le travail déjà accompli !

Quelques exemples :

Natacha Polony met ici en scène un paradoxe assez inattendu. Le rire dans nos sociétés devient de plus en plus difficile, car toujours suspect, alors que la dérision est partout.

Rire est un acte intégrateur. N. Polony se situe dans la lignée de Bergson, pour qui le rire, le comique, avait une fonction sociale essentielle : signifier qu’on fait partie de la communauté, et également corriger les individus. Mais dans une société d’individus égoïstes, « il se trouvera toujours quelqu’un pour considérer que ce rire l’exclut ou le juge, que ce rire constitue une atteinte à sa sensibilité ou a son estime de soi. » (p.293) Dès lors, la moindre blague, le moindre trait d’humour sont suspectés de charrier en douce un préjugé, une discrimination quelconque. Voilà pourquoi le rire devient de plus en plus consensuel et policé, il ne faut blesser personne.

Parallèlement à ça, on n’a a jamais autant ri dans notre société, le rire est partout à la télé, à la radio, sur internet… Le rire ? Non, la dérision, le ricanement. C’est-à-dire un avatar du relativisme généralisé. Un rire grinçant, faussement subversif.

Là encore, il s’agit d’un acte politique. Mais aussi symbolique, car il engage un rapport à la vie : entre celle qui est sacrifiée et celle qui se l’approprie. Car se nourrir revient toujours à incorporer un autre être vivant – animal ou végétal. Ainsi, la question dépasse le débat actuel sur la consommation de viande et les multiples injonctions au végétarisme voire au véganisme. La question animale, si elle est absolument cruciale, n’est qu’une des dimensions du problème.

« Mais rendre de temps en temps au repas sa puissance symbolique, en faire le lieu du partage et de la grâce rendue à cette vie sacrifiée pour nous, si infime soit-elle, celle d’un lapin ou d’un poulet, celle d’une plante insignifiante, c’est se réapproprier l’acte de se nourrir, le plus essentiel et le plus intime qui soit. »(p.299)

Le premier mouvement, le support de la liberté. Suivant Albert Camus dans son Homme révolté, Natacha Polony nous présente l’amour comme le seul moteur politique digne de ce nom. Pas de ressentiment, de haine ni de jalousie… Le désir d’émancipation, d’affirmation et de conquête de sa propre liberté doit reposer sur une forme d’amour. Amour d’une patrie peut-être, ou d’un paysage, d’une façon de faire, d’un rapport au monde, d’une manière de contempler le ciel…

Comprendre que toute action est politique, grosse d’une vision du monde est absolument nécessaire. L’innocence n’est plus permise. Nos choix quotidiens ont une influence sur le monde entier: consommer, cliquer, regarder une vidéo, jeter, acheter, « liker »… Bien sûr, cette responsabilité dérange tout un chacun dans son confort, et elle ne doit pas faire oublier les responsabilités de ceux qui dirigent d’une manière ou d’une autre le monde, il ne s’agit pas de culpabiliser outre mesure les citoyens. Cependant, être lucide quant aux conséquences de nos actions les plus banales est aussi un formidable moyen de comprendre qu’ils sont autant d’armes.

« La responsabilité individuelle, la capacité de chacun à pousser jusqu’au bout les raisonnements pour vérifier si son action correspond avec la vision qu’il a du monde, avec ce qu’il veut voir advenir, est une des conditions de la dignité humaine et le premier pas vers une reconquête de l’autonomie. »(p.266)

Passionnant, un livre où l’on picore ça et là, tel ou tel mot. Une tentative ambitieuse de recréer un vocabulaire politique cohérent qui ait du sens. Qu’on adhère ou pas aux idées de Natacha Polony, ce travail constitue une démarche salutaire. La bataille des mots est cruciale, voici une arme, la plus belle des armes, sans lame ni projectile, seulement l’oeuvre de l’esprit.


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